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Howto OpenVPN

OpenVPN permet de monter des tunnels VPN (Virtual Private Network) en utilisant SSL/TLS pour le chiffrement. Pour l’authentification, OpenVPN peut utiliser une simple clé partagée (PSK — Pre-Shared Key) ou des couples utilisateur/mot de passe, mais nous préférons utiliser des certificats avec une PKI (Public Key Infrastructure).

Installation

Debian

# apt install openvpn

$ /usr/sbin/openvpn --version
OpenVPN 2.4.0 x86_64-pc-linux-gnu [SSL (OpenSSL)] [LZO] [LZ4] [EPOLL] [PKCS11] [MH/PKTINFO] [AEAD] built on Jul 18 2017
library versions: OpenSSL 1.0.2l  25 May 2017, LZO 2.08

# systemctl status openvpn
● openvpn.service - OpenVPN service
   Loaded: loaded (/lib/systemd/system/openvpn.service; enabled)
  Process: 20889 ExecStart=/bin/true (code=exited, status=0/SUCCESS)
 Main PID: 20889 (code=exited, status=0/SUCCESS)
   CGroup: /system.slice/openvpn.service

OpenBSD

# pkg_add openvpn
$ openvpn --version
OpenVPN 2.4.4 x86_64-unknown-openbsd6.2 [SSL (OpenSSL)] [LZO] [LZ4] [MH/RECVDA] [AEAD] built on Sep 29 2017
library versions: LibreSSL 2.6.3, LZO 2.10

Configuration serveur

On met en place une PKI sur le serveur via shellpki :

# mkdir /etc/openvpn/ssl
# git clone https://forge.evolix.org/shellpki.git /etc/openvpn/ssl
# cd /etc/openvpn/ssl
# sh shellpki.sh init
# sh shellpki.sh create

Mettre un Common Name du type fw.vpn.example.com avec une durée de plusieurs années. Pour plus d’informations, voir HowtoShellpki

La configuration se fait via le fichier /etc/openvpn/server.conf avec les paramètres suivants à adapter :

  • server : réseau privé sur lequel le serveur VPN et les clients communiqueront
  • local : adresse IP du serveur, sur laquelle les clients se connecteront (adresse IP publique généralement)
  • push : route vers le réseau que les clients VPN pourront joindre
  • cert : certificat du serveur VPN (créé précédemment)
  • key : clé du serveur VPN (créée précédemment)
  • ifconfig-pool-persist : permet aux clients de conserver la même IP en cas de redémarrage

Serveur sous Debian

#
# General settings
#

user  nobody
group nogroup

# Do not try to re-read key file and reopen tun device on restart since it runs
# without root privileges.
persist-key
persist-tun
#persist-remote-ip
#persist-local-ip

# Status file
status /var/log/openvpn/status.log 1
#log    /var/log/openvpn/openvpn.log
# Logging verbosity. Logs are sent to syslog.
verb 3

# Keepalive
keepalive 10 120
#reneg-sec 300

#
# Network settings
#

port  1194
proto udp
dev   tun

# Enable compression
comp-lzo

#
# key/certificate
#

ca   /etc/openvpn/ssl/ca/cacert.pem
cert /etc/openvpn/ssl/files/fw.vpn.example.com-1278421834/fw.vpn.example.com.crt
key /etc/openvpn/ssl/files/fw.vpn.example.com-1278421834/fw.vpn.example.com.key
dh   /etc/openvpn/ssl/ca/dh1024.pem

#
# private network
#

server 192.0.2.0 255.255.0.0
mode server

# Management interface (used by check_openvpn for Nagios)
management 127.0.0.1 1195 /etc/openvpn/management-pwd

Générer un mot de passe pour l’accès à l’interface de management (nécessaire au check Nagios) :

# apg -n1 -m 12 > /etc/openvpn/management-pwd

On peut ensuite utiliser le check Nagios suivant :

# apt install libnet-telnet-perl
# /usr/lib/nagios/plugins/check_openvpn.pl -H 127.0.0.1 -p 1195 -P $(cat /etc/openvpn/management-pwd)"

Serveur sous OpenBSD

daemon

port 1194
proto udp
dev tun0
dev-type tap
verb 4

user nobody
group nobody
chroot /var/empty
#comp-lzo

max-clients 50
keepalive 15 120
tls-exit
persist-key
persist-tun
client-to-client
resolv-retry infinite

local 198.51.100.1
server 192.0.2.0 255.255.255.0
#client-to-client
ifconfig-pool-persist /etc/openvpn/ipp.txt
#route-method exe
#route-delay 2
push "route 203.0.113.0 255.255.255.0 192.0.2.1"

ca /etc/openvpn/ssl/ca/cacert.pem
dh /etc/openvpn/ssl/ca/dh1024.pem

cert /etc/openvpn/ssl/files/fw.vpn.example.com-1278421834/fw.vpn.example.com.crt
key /etc/openvpn/ssl/files/fw.vpn.example.com-1278421834/fw.vpn.example.com.key

log /var/log/openvpn.log
status /var/log/openvpn-status.log

cipher AES-128-CBC # AES

#fragment 1350
#mssfix

Pour créer automatiquement une interface TUN au démarrage de la machine et démarrer OpenVPN :

# cat << EOF > /etc/hostname.tun0
up
!/usr/local/sbin/openvpn --daemon --config /etc/openvpn/server.conf
EOF

Pour lancer manuellement OpenVPN sans redémarrer la machine :

# ifconfig tun0 up
# /usr/local/sbin/openvpn --daemon --config /etc/openvpn/server.conf

Pour que les logs générés par OpenVPN soient « rotatés », il faut rajouter la ligne en question dans le fichier /etc/newsyslog.conf :

/var/log/openvpn.log                    600  52    *    $W6D4 Z

Configuration client

Pour simplifier la configuration pour les utilisateurs finaux on peut générer un fichier de configuration embarquant les certificats :

client
dev tap0
proto udp

tls-client
remote vpn.example.com 1194

comp-lzo
nobind
user nobody
group nogroup
#chroot /var/empty
persist-key
persist-tun
max-routes 1000
#cipher AES-128-CBC

<ca>
-----BEGIN CERTIFICATE-----
[…]
-----END CERTIFICATE-----
</ca>

<cert>
Certificate:
    Data:
[…]
-----END CERTIFICATE-----
</cert>

<key>
-----BEGIN RSA PRIVATE KEY-----
[…]
-----END RSA PRIVATE KEY-----
</key>

Nouveau certificat avec shellpki

Pour une nouvelle connexion VPN, il faudra créer un nouveau certificat :

# cd /etc/openvpn/ssl
# sh shellpki.sh create
  • Choisir un Common Name unique pour la machine (ex : client1.vpn.example.com)

  • Récupérer le certificat et la clé dans /var/www/htdocs/vpn/ssl

Renouveller un certificat avec shellpki

Il faut le révoquer, puis en recréer un :

# cd /etc/openvpn/ssl
# sh shellpki.sh revoke
# sh shellpki.sh create

Si c’est le certificat du serveur OpenVPN, il faut en plus modifier la configuration puis relancer le démon.

Client sous Linux

Pour démarrer le client OpenVPN, il existe un template systemd, pour le démarrer et l’activer au démarrage :

# systemctl start openvpn@client
# systemctl enable openvpn@client

Client sous Windows

On peut télécharger un client 32 bits ou 64 bits sur https://openvpn.net/index.php/open-source/downloads.html.

Une fois installé, copier les fichiers .ovpn et le certificat de la CA dans le répertoire de configuration d’OpenVPN, par exemple C:\Program Files\OpenVPN\config.

Attention, il faut exécuter OpenVPN en tant qu’administrateur, cela peut se faire via un clic droit : Exécuter en tant qu'administrateur.

OpenVPN est alors disponible dans la barre des tâches. Pour lancer une session, effectuez un clic-droit et sélectionnez Connecter.

Client sous Mac OS X

Télécharger la dernière version stable de Tunnelblick sur https://tunnelblick.net/downloads.html

On suit les instructions d’installation (en anglais), puis :

  • on choisit de générer la configuration (indiquer qu’on n’a pas de fichiers de configuration) ;
  • cela génère une configuration standard, notamment un dossier sur le bureau avec un fichier config.ovpn ;
  • on édite le fichier config.ovpn en ajustant les options remote, ca, cert et key ;
  • on copie également la clé et les certificats (ca et cart) dans ce dossier ;
  • on doit ensuite renommer ce dossier avec un nom se terminant par .tblk ;
  • on « double-clic » ensuite dessus, et cela installe configuration ;
  • on peut ensuite lancer le VPN via l’icone présente, puis choisir diverses options (connexion automatique, etc.).

Client sous Android

On utilise l’application libre « OpenVPN for Android » disponible sur Google Play et F-Droid qui ne nécessite pas de droits « root » avec Android 4 ou supérieur.

La configuration d’un VPN nécessite les informations suivantes :

  • le certificat CA peut être importé sous format PEM ;
  • le certificat client doit être au format PKCS#12 (fichier .p12 ou .pfx), on pourra ainsi le créer à partir de la clé/certificat :
$ openssl pkcs12 -export -in goyk3OkjeuPread8Sluld.privacy.example.com.crt -inkey goyk3OkjeuPread8Sluld.privacy.example.com.key -out goyk3OkjeuPread8Sluld.privacy.example.com.p12
  • décocher « Compression LZO » si ce n’est pas supporté par votre serveur ;
  • décocher « Vérification du certificat de l’hôte » (sinon cela ne fonctionne pas a priori…) ;
  • forcer « Algorithme de chiffrement » à AES-128-CBC (à ajuster selon votre serveur).

Si erreur ca md too weak cela signifie que le certificat utilise du MD5. Pour forcer quand même, il faut mettre dans les options personnalisées :

tls-cipher "DEFAULT:@SECLEVEL=0"

Client sous Apple iOS

Les systèmes iOS d’Apple disposent nativement du support de plusieurs types de VPN (IKEv2, IPsec ou L2TP), mais pas pour OpenVPN. On utilise alors l’application « OpenVPN Connect » (éditée par « OpenVPN Technologies ») qui va exploiter les API bas niveau de l’OS pour un support d’OpenVPN dans les interfaces du système.

Pour ajouter une configuration cliente, il suffit d’ouvrir le fichier .ovpn. Il est possible d’avoir plusieurs configurations disponibles.

Pour activer la connexion VPN il faut alors se rendre dans l’application « Réglages », puis « VPN » où sont listés les profils disponibles. On peut choisir celui à utiliser et activer la connexion. Si tout se passe bien, le symbole « VPN » apparaît dans la barre d’icônes tout en haut de l’écran.

Erreurs fréquentes

Erreur « –crl-verify fails » (serveur OpenVPN – OpenBSD)

Options error: --crl-verify fails with 'crl.pem': No such file or directory
Options error: Please correct these errors.

Il faut parfois regénérer un fichier CRL.

Si l’on utilise une version récente de shellpki :

# cd /tmp
# shellpki.sh crl
# cp crl.pem /var/empty

Erreur « createipforwardentry » (client OpenVPN – Windows)

En cas d’erreur ROUTE: route addition failed using createipforwardentry, l’utilisateur n’a pas les droits suffisants pour ajouter une nouvelle route. Il faut essayer d’exécuter les logiciels (openvpn.exe et openvpngui.exe) dans un mode de compatibilité lancer en Administrateur. Pour plus de détails, voir http://www.bolehvpn.net/forum/index.php?topic=1746.0.

Erreur « no more TUN/TAP adapter » (client OpenVPN – Windows)

En cas d’erreur no more TUN/TAP adapter, aller dans « Menu démarrer » → « OpenVPN » → « Add new TUN/TAP Adapter ».

Erreur « cipher final failed » (client OpenVPN – Android)

L’erreur Authentificate/Decrypt packet error: cipher final failed signifie que l’algorithme de chiffrement n’est pas synchronisé entre le client et le serveur. Il faut donc ajuster la directive « cipher » sur le client.

Erreur « Bad LZO decompression header byte » (client OpenVPN – Android)

L’erreur Bad LZO decompression header byte signifie que la compression LZO n’est pas activée sur le serveur, il faut donc désactiver la compression au niveau du client.

FAQ

Permettre aux clients de conserver la même IP au fil de connexions

ipp.txt

Le fichier ipp.txt contient une liste des clients et de leur adresse IP afin qu’en cas de redémarrage du serveur, ils conservent la même adresse.

Dans le server.conf ou server.ovpn :

ifconfig-pool-persist /etc/openvpn/ipp.txt 0

Cela rend le fichier ipp.txt en lecture seule pour OpenVPN. Il faudra donc ajouter une nouvelle ligne de la forme CN,IP à chaque ajout d’un nouveau client.

/etc/openvpn/ccd

Une autre méthode est d’ajouter la directive suivante pour le serveur OpenVPN :

client-config-dir /etc/openvpn/ccd
username-as-common-name

Le répertoire /etc/openvpn/ccd/ contient des fichiers avec les Common Name et contenant les adresses IP fixés ainsi :

ifconfig-push 172.16.1.1 255.255.0.0

Authentification via Radius

Il faut installer le plugin :

# apt install openvpn-auth-radius
# cp /usr/share/doc/openvpn-auth-radius/examples/radiusplugin.cnf /etc/openvpn/
# openvpn --genkey --secret /etc/openvpn/ta.key

On ajoute dans la configuration du serveur :

client-cert-not-required
username-as-common-name
tls-auth ta.key 0
topology subnet
plugin /usr/lib/openvpn/radiusplugin.so /etc/openvpn/radiusplugin.cnf
status /var/log/openvpn/status.log 1

et on modifie le paramètre sharedsecret du fichier /etc/openvpn/radiusplugin.cnf pour se connecter au serveur Radius.

Puis dans la configuration du client :

auth-user-pass
#auth-user-pass /etc/openvpn/passwd
auth-nocache